L'ambiguïté du référencement payant

Dans le petit monde des référenceurs, il est d'usage d'opposer le référencement naturel au référencement payant. Une opposition a priori indiscutable qui s'avère pourtant ambiguë si l'on réunit tous les éléments de l'enquête...

D'abord, si l'on considère le sens du mot « référencer », le système de liens sponsorisés mis en place par les moteurs de recherche est indubitablement une forme de référencement payant. Les liens commerciaux — achetés par des personnes morales ou physiques — apparaissent dans les SERPs (« Search Engine Results Pages »), au même titre qu'un paquet de chips apparaît dans les rayons d'un supermarché. C'est notamment pour cette raison que les professionnels du Web emploieront souvent l'acronyme SEA (« Search Engine Advertising ») pour désigner le référencement payant.

Ceci n'est pas sans poser un problème de taille car le SEA est au référencement payant ce que le développement est à l'informatique. Ce n'est certainement pas faux de dire que la programmation est une discipline de l'informatique. Il est en revanche erroné d'affirmer que l'informatique est l'apanage des développeurs. De quoi donner le cafard aux administrateurs systèmes et réseaux !

En réalité, nous sommes ici en présence d'une métonymie ; et plus exactement d'une synecdoque. Car, dans la pratique, le référencement naturel est lui aussi sous influence pécuniaire. Certains référenceurs malicieux coiffés de « chapeaux noirs » sont sans scrupules lorsqu'il s'agit de payer pour un positionnement préférentiel dans les annuaires, de même qu'ils n'hésitent pas à s'arranger financièrement avec des éditeurs de sites pour y déposer quelques liens. Par ailleurs, de nombreuses entreprises n'ont-elles pas recours à des agences de référencement ou à des référenceurs freelance pour leurs affaires ? Les prestations sont-elles gratuites ? La réponse est évidente...

Le référencement payant s'étend bien au-delà du SEA. Vous êtes prévenus !