Le cauchemar typographique

Vous l'avez certainement remarqué : l'informatique est un monde très anglicisé. Internet est une invention américaine, le Web est une invention britannique, et tous les langages techniques un peu sérieux ont pour base l'anglais ; du HTML au SQL, en passant par Bash et Java.

Aux origines, l'encodage de référence était l'ASCII, amplement suffisant pour représenter des textes en langue anglaise. Mais avec l'internationalisation inhérente au développement d'Internet, il avait fallu mettre en place un nouveau standard, l'Unicode, capable de représenter des textes en toutes langues. L'Unicode est aujourd'hui très bien supporté, mais il y a toutefois un point qui semble être scandaleusement passé à la trappe : la typographie.

Si vous n'avez pas l'âme d'un typographe, vous n'avez sans doute pas remarqué la maltraitance spécialement réservée à la typographie. Le problème est pourtant bien réel : utilisation systématique des guillemets anglais en lieu et place des guillemets français, ponctuation isolée par manque d'espaces insécables, ou encore justification sauvage. Le fait que nous puissions maintenant modifier du texte très librement, sans la contrainte de l'impression, y est vraisemblablement pour quelque chose. Mais pas que...

La disposition AZERTY que nous connaissons en France encourage allègrement la violation des règles typographiques. Certains caractères essentiels, comme par exemple les majuscules accentuées ou les guillemets français, sont difficilement accessibles et n'apparaissent même pas sur les claviers physiques. À cet égard, la disposition BÉPO est d'ailleurs nettement plus légitime et pertinente.

Il faut dire aussi que de nombreux services en ligne, en particulier les réseaux sociaux, permettent rarement l'application en bonne et due forme de ces conventions typographiques. En n'acceptant que du texte brut, les espaces insécables ne sont bien souvent pas prises en compte, générant de fait l'angoissant problème de la ponctuation volante.

Typographie anglaise : 1
Typographie française : 0